Arno Fischer
Arno Fischer, née à Berlin en 1927, dresse depuis les années 50 le portrait de sa ville natale. Un temps ou la photographie n’était considérée en R.D.A. que comme un instrument de propagande, alors qu’il est originaire de l’Ouest, il tient à montrer la vie de cette cité déchirée qui paraît effondrée sur elle-même. Avec une solidarité probe, il constate la différence de régime qu’entérine la gravité des visages, la retenue des attitudes, la tension des corps, en rapport avec l’austère tristesse du décor.
Dans cette épopée plane, parfaitement maîtrisée par l’usage des demi-teintes, Arno Fischer tire l’autoportrait discret d’un homme qui a longtemps frôlé les frimas de l’ombre et s’est évertué sans fracas, malgré les écarts quelquefois aberrants de l’Histoire, à réconcilier les deux pans séparés d’une seule et même identité.