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Septembre de la photographie
Septembre de la photo 2004 :
A la Galerie Soardi
LawickMüller
LawickMüller, deux artistes allemands qui travaillent ensemble, présentent leur dernier travail : « Perfectlysuper Natural », deux séries de portraits travaillés par ordinateur, une nouvelle sorte de portrait, étapes d'un étrange morphing entre des statues antiques et des personnes rencontrées aujourd'hui.
Friederike van Lawick et Hans Müller, artistes de nationalité allemande, sont nés respectivement en 1958 et en 1954. Depuis 1990, Lawickmüller développent et réalisent des œuvres en commun.
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Athena from Olympia,© LawickMüller, 1999, 80 x 60
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Ils tentent d'examiner la situation de couple d'artistes qui est la leur. Ces couples qui, à l'instar de Fischli et Weiss, Aziz et Cucher ou Bernd et Hilla Becher, se multiplient depuis quelques années et travaillent à la définition d'un langage artistique commun. Loin de juxtaposer simplement les portraits de deux personnalités, Müller et van Lawick effectuent une synthèse de ces portraits pour aboutir à une personnalité unique fictive qu'ils baptisent « métaportrait ».
Leur dernier travail : « Perfectlysuper Natural » consiste en deux séries de portraits travaillés par ordinateur et réalisés en 1999. Ces tirages sur cibachrome, contrecollés sur aluminium, sont édités en trois exemplaires. Ces images sont le résultat d'une fusion numérique entre un visage antique et un modèle contemporain, deux types morphologiques distanciés dans le temps. Cette combinaison détourne l'authenticité d'un visage et interroge de ce fait la représentation même du portrait.
Dans ces portraits numériques, Lawickmüller dévoilent les possibles similitudes esthétiques entre les canons antiques et actuels. Ils déjouent l'une des caractéristiques traditionnelles du portrait « sa réalité stable » et interrogent les frontières entre les techniques photographiques, picturales ou numériques.
"Nous sommes partis de l'idée qu'une œuvre commune est toujours implicitement un document présentant un processus compliqué d'interaction, de communication et d'échanges.... Nous avons cherché une forme visuelle pour montrer la convergence des points de vue, des concepts, des idées et des visions de chacun: le «métaportrait». |
Heracles © LawickMüller |
Le travail se décompose en seize poses isolées, sur le modèle du photomaton, l'identité du visage de chaque membre du couple et aboutit, par imperceptibles glissements, à une fusion qui annihile la personnalité propre de chacun des modèles, à une sorte de synthèse indistincte qui rend l'identique identique et parfaitement semblable. L'intérêt du travail de van Lawick et Müller consiste à mettre en évidence des différences très subtiles que le mouvement et la non-répétition empêcheraient de voir.
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Il est étonnant de constater que, dans certains cas, le passage de l'un à l'autre semble difficile et douloureux (Judith Bartolani et Claude Caillol), peut-être en raison de la dissemblance physique de deux personnes. Dans d'autres au contraire, ce passage se fait avec beaucoup plus de fluidité et, semble-t-il, sans accroc (Boyd et Evans). En regardant bien, on retrouve chez ces derniers un élément identique: la ride partant de l'aile du nez jusqu'au coin de la bouche. Ce sont peut-être ces détails qui aident à la fluidité du passage. Seuls l'image fixe et le procédé du photomaton (la répétition de l'image) permettent de les détecter.
La transition et la transformation de l'homme à la femme, ou inversement de la femme à l'homme passe forcément par l'androgynie. La photographie se révèle extrêmement troublante et l'effet est d'autant plus fort lorsque le côté androgyne est déjà manifeste chez l'une ou l'autre des personnes. Les points de repères se brouillent et la confusion devient telle qu'on ne sait plus si on a affaire à une ou deux personnes et s'ils sont homme ou femme. |

© Blume
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Anna et Bernhard Blume
Nés tous deux en 1937 en Allemagne, Anna et Bernhard Blume vivent et travaillent en Allemagne. Après des études de philosophie qui leur permettent de se consacrer plus particulièrement à une réflexion personnelle sur Kant, Hegel, Sartre et Merleau-Ponty, ils s’intéressent, à la fin des années 60 à la photographie, mais surtout en tant que trace des performances du mouvement Fluxus. Ce n’est qu’en 1970 qu’ils entreprennent véritablement leur œuvre photographique. |
Les images photographiques de Anna et Bernhard Blume reflètent leurs interrogations philosophiques sur la nature de la vérité, la perception, mais aussi la condition humaine. Comme en réponse à la photographie subjective, courant qui domina la production photographique allemande des années 50, Anna et Bernhard Blume appréhendent la photographie comme un médium approprié au questionnement philosophique; mais cette même photographie leur permet aussi de masquer leur dessein sous des aspects burlesques et absurdes. C’est cette juxtaposition de deux ordres radicalement différents qui donne une existence si particulière à chacune de leurs œuvres.
Leurs photographies, souvent organisées sur le mode de séquences de deux ou plusieurs images, rendent compte des sujets et objets qui participent de leur démarche. Se mettant en scène en sujets passifs de leurs actions, dans un intérieur petit-bourgeois, Bouvard attendant Pécuchet, Anna et Bernhard Blume éprouvent le réalisme de leurs actes, celui des objets quotidiens et domestiques qui les entourent.
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